Aucun écart. Les deux contrats versent la même prime de précarité de 10 % et les mêmes congés payés de 10 % : à taux horaire et durée identiques, le CDD et l'intérim rapportent exactement la même chose.
Changez « Comment se termine le contrat ? » ci-dessus : c'est là que l'écart apparaît.
10 % de la rémunération totale brute (art. L1243-8).
10 % de la rémunération totale brute (art. L1251-32).
Salaire de base sur la période : 13 650 € brut. Les congés payés (10 % du brut, prime comprise) sont dus dans les deux cas. Le net est une estimation à 21,98 % de charges salariales : votre fiche de paie fait foi.
| Critère | CDD | Intérim |
|---|---|---|
| Qui vous emploie | L'entreprise elle-même | L'agence d'intérim, mise à disposition |
| Prime de précarité | 10 % (art. L1243-8) | 10 % (art. L1251-32) |
| Réduction possible à 6 % | Oui, par accord de branche avec contreparties | Non, aucun équivalent |
| Congés payés | 10 % du brut, prime comprise | 10 % du brut, prime comprise |
| Contrat saisonnier ou d’usage | Pas de prime, sauf convention plus favorable | Prime due, sauf accord de branche contraire |
| Job d’été (vacances scolaires) | Pas de prime | Prime due |
| Embauche en CDI juste après | Pas de prime | Pas de prime |
| Vous rompez avant la fin | Pas de prime | Pas de prime |
| Durée maximale | 18 mois en général (9 à 36 selon le motif), autre durée possible par accord de branche (art. L1242-8) | 18 mois en général (9 à 36 selon le motif), autre durée possible par accord de branche (art. L1251-12) |
| Salaire minimum | Celui d'un salarié en CDI de même qualification au même poste (art. L1242-15) | Celui d'un salarié de même qualification au même poste dans l'entreprise utilisatrice (art. L1251-18 et L1251-43) |
Non, l'intérim ne paie pas 10 % de plus que le CDD
C'est l'idée reçue la plus tenace du secteur. En réalité, les deux contrats versent la même prime de précarité de 10 % — elle s'appelle indemnité de fin de contrat en CDD (art. L1243-8) et indemnité de fin de mission en intérim (art. L1251-32) — et la même indemnité de congés payés de 10 %, calculée sur le brut, prime comprise. À taux horaire et durée identiques, le total est strictement le même.
Où se cache le vrai écart
Il apparaît dans trois situations précises, et il peut peser lourd sur un contrat long :
- La réduction à 6 %, réservée au CDD. Un accord de branche étendu peut ramener l'indemnité de fin de contrat de 10 % à 6 %, en échange de contreparties comme un accès privilégié à la formation (art. L1243-9). Rien de tel n'existe en intérim.
- Le contrat saisonnier ou d'usage. En CDD, aucune prime de précarité, sauf convention plus favorable (art. L1243-10). En intérim, la prime reste due, sauf accord contraire de la branche du travail temporaire (art. L1251-33).
- Le job d'été. Un jeune en CDD pendant ses vacances scolaires n'a droit à aucune prime (art. L1243-10). En intérim, elle est due normalement.
Les cas où personne ne verse rien
Dans deux situations, ni le CDD ni l'intérim ne versent de prime de précarité. D'abord quand le contrat débouche sur un CDI : la précarité qu'elle compense a disparu. Ensuite quand c'est le salarié qui rompt le contrat avant son terme, ou en cas de faute grave ou de force majeure. Les congés payés de 10 %, eux, restent dus dans tous les cas.
Alors, lequel choisir dans le BTP ?
Puisque l'argent n'est pas le critère dans le cas ordinaire, le choix se joue ailleurs. L'intérim fait défiler les chantiers et les entreprises, ce qui construit vite une expérience large et un réseau — et dans le bâtiment, une mission reste la première porte d'entrée vers une embauche. Le CDD installe dans une seule entreprise, avec plus de visibilité sur la suite. Et si c'est la stabilité que vous cherchez sans renoncer à la variété, regardez le CDI intérimaire.