Refuser un CDI en fin de mission d'intérim : ce que la réforme change en 2026
Depuis la réforme de l'assurance chômage, un intérimaire qui refuse un CDI proposé par l'entreprise utilisatrice à la fin de sa mission peut perdre le bénéfice de ses allocations chômage. Mais cette règle est encadrée par des conditions strictes : elle ne s'applique pas à n'importe quel refus.
Dans quels cas le refus a-t-il des conséquences ?
La perte potentielle des allocations ne s'applique que si le CDI proposé correspond à des conditions équivalentes à la mission d'intérim :
- Un même poste ou un poste similaire à celui occupé en mission ;
- Une rémunération au moins équivalente ;
- Un lieu de travail identique, sans changement majeur.
Si l'une de ces conditions n'est pas remplie — poste différent, salaire inférieur, mobilité géographique imposée —, le refus n'entraîne pas la perte des droits.
Combien de refus avant de perdre ses droits ?
La règle vise les refus répétés de propositions de CDI équivalentes sur une période donnée. Un refus isolé, motivé et justifié, n'a pas les mêmes conséquences qu'un enchaînement de refus. L'entreprise utilisatrice doit par ailleurs notifier sa proposition de CDI par écrit et informer France Travail en cas de refus.
Ce que vous devez faire en pratique
- Exigez une proposition écrite détaillant le poste, la rémunération et le lieu ;
- Comparez avec votre mission : est-ce vraiment équivalent ?
- Conservez une trace de vos motifs de refus (salaire inférieur, éloignement, etc.) ;
- En cas de doute, rapprochez-vous de votre agence d'intérim ou de France Travail avant de refuser.
Questions fréquentes
Un CDI intérimaire (CDI-I) est-il concerné ? Non, il s'agit ici du CDI proposé par l'entreprise utilisatrice (l'entreprise où vous êtes en mission), pas du CDI intérimaire signé avec votre agence.
Puis-je refuser si le salaire est plus bas ? Oui. Si la rémunération proposée est inférieure à celle de votre mission, le refus ne doit pas entraîner la perte de vos droits.
En 2026, mieux vaut donc analyser chaque proposition de CDI avec attention plutôt que de refuser par réflexe. Le CDI reste, dans la grande majorité des cas, une opportunité — d'autant que 80 % des embauches définitives dans le BTP passent par une phase d'intérim.
Information donnée à titre indicatif.Ce guide résume la réglementation en vigueur à sa date de publication et peut évoluer. Il ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation précise, rapprochez-vous de votre agence d'intérim, de France Travail ou de l'organisme concerné.
À propos de l'auteur
Raphaël Dupont
Responsable éditorial d'Interim BTP, Raphaël suit le marché de l'intérim dans le bâtiment et les travaux publics : salaires, réglementation, métiers en tension et conseils pratiques pour les intérimaires comme pour les entreprises du BTP.